Etrange pas de deux que dansent actuellement Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy relève Le Monde du 12.04.07. D'un côté, ils ferraillent. De l’autre, ils s'envoient des clins d'œil appuyés, à la limite du racolage pourtant condamner par Sarkozy, qui peuvent laisser entendre que les barrières posées hier par Jacques Chirac entre l'extrême droite et la droite pourraient être levées.

Jean-Marie Le Pen :

  • Après la critique sur les origines de Sarkozy, le clin d’œil "Si Sarkozy dit qu'il est d'accord pour un rapprochement, pourquoi pas ? Cela dépendra de l'intérêt de notre pays et de l'intérêt de notre mouvement. (…) Nous n'avons pas d'a priori, ni contre lui ni contre personne. (…) Ces dernières années, c'est Chirac qui a fait preuve d'ostracisme à l'encontre du FN, et non pas l'inverse. Chirac ne voulait pas parler avec nous. Si M. Sarkozy veut parler avec tous les partis politiques y compris le FN, c'est une ère nouvelle, oui."
  • Concernant d'éventuels accords de désistement aux législatives de juin, la critique "il paraît difficile d'avoir un accord avec des candidats qui sont européistes et immigrationistes, c'est-à-dire partisans de perpétuer la politique d'immigration, avec des aménagements, mais telle qu'elle a été pratiquée depuis trente ans". Puis juste derrière l’œillade "sur d'autres sujets comme l'école, la réforme fiscale, la réforme des retraites, il doit y avoir des points possibles d'accord et de convergence".
  • Dernier attaque, "Vous n'avez pas perçu la formidable colère des Français, pillés, ruinés, déséspérés contre la racaille politicienne, dont vous êtes l'un des chefs et l'un des emblèmes".

Nicolas Sarkozy :

  • Après la réplique sur ses origines hongroise, il continue à "dédiaboliser" Jean-Marie Le Pen : "celui qui est le moins à droite qu'avant, c'est Le Pen !" dit-il aux journalistes de Libération qui lui demandent s'il "droitise son discours pour rassembler son camp au premier tour. (…) Ce n'est pas parce que Le Pen touche quelque chose que cela devient interdit. (…) Il y a un problème d'immigration, avec un système d'intégration qui ne marche plus". Enfin, dernière oeillade, il confirme qu'il a abandonné l'idée d'accorder le droit de vote aux immigrés dans les élections locales, un sujet primordial pour le FN.

Ce type de danse est bien connu, c’est ce que l’on appel les préliminaires à la négociation durant laquelle chacun doit montrer sa force, mobiliser ses troupes tout en faisant du charme ; chacun doit montrer ses différences afin que le prix du ralliement soit le plus élevé tout en laissant les portes ouvertes. C’est le refrain bien connu du je t’aime, moi non plus. Mais dans cette histoire les cocus seront les femmes et les hommes de la droite humaniste et moderne qui auront voté pour Sarkozy pensant que Bayrou ne faisait pas l’affaire et qui se réveilleront avec Le Pen.

Ce ne serait pas non plus une première en Europe : rappelons nous l'Autriche, l'Italie et la Pologne trois pays où la droite a passé des accords avec l'extrême droite.

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