Rapporter par Le Figaro, OLIVIER POGNON le 22 mars 2007 : Le FN parle d'un « nouveau climat » pour qualifier ses relations avec le candidat de l'UMP. Serait-ce l'amorce d'un changement de stratégie ?
Les faits :

  • Jean-Marie Le Pen a dit qu'il serait « moins difficile » pour lui d'appeler à voter Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle que par le passé en faveur de Chirac.
  • Le même imagine que le FN puisse participer à un gouvernement d'union nationale si se produisait « une situation suffisamment dramatique » pour que cela soit envisageable.
  • Olivier Martinelli, directeur de cabinet du président du FN, parle de « changement de climat ». Nicolas Sarkozy, ajoute-t-il, « n'a pas contre le FN les mots très durs de Chirac, il a émis le souhait que Le Pen ait ses parrainages. Cela nous rapproche ».
  • Le même ajoute « Le Pen est un pragmatique, ce sont des choses dont il tient compte »... « Il n'y a plus le fossé qui existait avant. Nicolas Sarkozy défend les valeurs traditionnelles de la droite, cela nous rapproche. Si d'aventure, les relations se normalisaient, cela changerait beaucoup de choses. »
  • et de conclure « une période est peut-être en train de s'achever ».

Ce n'est pas la première fois que Jean-Marie Le Pen fait état d'une appréciation du FN plus favorable à Nicolas Sarkozy qu'à Jacques Chirac, ni qu'il envisage un « gouvernement d'union ». « Si un grand mouvement d'union nationale devait se constituer, le FN ne se déroberait pas », avait-il déclaré au Figaro en décembre 2005. « Mais encore faudrait-il que ces conditions soient remplies, poursuivait-il. Il y faudrait une véritable rupture. Ça me paraît très timide pour le moment. ». Tout se passe comme si le président du FN avait voulu se montrer un peu moins fermé que d'ordinaire à tout rapprochement avec le grand parti de droite et avec son président.

Quand on compare les propos de Sarkozy au discours d'adieu de Chirac, on comprend le changement de Le Pen. Ce changement est la démonstration qu'un réel changement de valeurs s'opère à droite avec une nationale doritisation de Sarkozy et la monté d'un Bayrou qui reste le seul défenseur de la droite moderne et humaniste. On comprend le peu d'élan de Chirac pour soutenir Sarkozy : quand prendra-t-il position pour Bayrou ?