En une minute trente et s’il avait pu faire plus court, il l'aurait fait, Jacques Chirac a exprimé son « soutien » à Nicolas Sarkozy, avec un manque d'enthousiasme évident. Les phrases prononcées à cette occasion s'enchaînaient selon une logique fataliste qui ne se cachait même pas :
1) J’ai créé l’UMP,
2) Cette formation politique a choisi de soutenir la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle,
3) C'est donc tout naturellement que je lui apporterai mon vote et mon soutien.
Avec une économie de mots aussi froide que concise, Jacques Chirac aura réussi à accorder à Nicolas Sarkozy un soutien a minima tout en le chargeant d'un héritage bien encombrant.

De plus Jacques Chirac vient d'intercaler son soutien à Nicolas Sarkozy entre deux moments de grande intensité sentimentale : ses adieux à la France d'une part, son hommage funèbre à Lucie Aubrac dans la cour des Invalides de l'autre. On ne pouvait manifester plus exactement le dédain qu'il n'aura cessé de montrer à l'égard de son jeune disciple devenu rival.

Si on a écouté le président de la République avec attention, toute la responsabilité, dans cette affaire, repose sur l'UMP et sur elle seule. Se faisant on ne pourra pas lui reprocher une trahison et il ne remet ainsi pas en cause son discours d’adieux. Il garde même la liberté, le devoir de faire des critiques au candidat si ce dernier ne respecte pas les valeurs de la droite humaniste. Par le biais de ses deux livres il trace le chemin : Sur l'extrémisme : « Depuis les débuts de mon engagement, j'ai toujours été d'une intransigeance absolue vis-à-vis de l'extrémisme. » Sur le libéralisme : « D'autres pensent que le salut de la France passe par une brutale saignée libérale et par le démantèlement de notre modèle social. » On ne saurait être plus critique !

Après l’avoir tant attendu, Nicolas ne pouvait que se féliciter "Je suis très touché de cette décision. Elle est importante pour moi sur un plan politique et aussi sur un plan personnel" mais quelle humiliation car Jacques Chirac ne le soutient pas, il est fidèle à l’UMP !

Dans l'Expresse, Nicolas Sarkozy juge le soutien de Chirac a été "irréprochable". Il faut vraiment être aveugle pour avoir cette lecture, ou plutôt dans le cas Nicolas Sarkozy vouloir faire croit à ses partisans qu'il a un tel soutien (Le Figaro essaye aussi d'accréditer cette thèse). Quelle manque de respect pour ses électeurs. Quel manque de respect pour ses lecteurs. Seul circonstance atténuante, il ne paraît pas convaincu de ce qu'il dit Nicolas Sarkozy "touché" par le soutien de Jacques Chirac LEMONDE.FR | 22.03.07

Merci à Objectif Présidentielle 2007 ! et à Sarkozy News pour les images.