Interrogé sur Canal+ vendredi 2 mars 2007, Nicolas Sarkozy a défendu

une droite qui ne soit pas à s’excuser de ses valeurs mais qui ne soit pas caricaturale..

Ma première réaction a, comme souvent avec les propos de Nicolas Sarkozy, suscité mon adhésion : enfin un homme politique de droite qui ose défendre nos valeurs.

Le lendemain au réveil j’avais toutefois un goût amer à la bouche. D’où pouvait bien venir cette amertume ? Pas du propos puisque je suis en accord. Donc de la personne qui l’a prononcé, du décalage entre le propos et son émetteur, de l’imposture.

J’essayais alors d’analyser les causes de ce sentiment. Il y en a trois principalement :

  • Si je suis fier d’être de droite, c’est d’une droite moderne, juste, équitable et de rassemblement. Or ce n’est pas cette droite là que Nicolas Sarkozy nous propose, c’est la droite archaïque, de défenses des privilèges, de l’affrontement. Dans fier, il y a une notion de grandeur, de dignité que nous avons gagné grâce aux progrès réalisés au 20ème siècle, nous risquons de perdre ce droit avec Nicolas Sarkozy au pouvoir ; du moins moi !


  • Nicolas Sarkozy est caricatural et donne une image caricaturale de la droite comme nous essayons de le montrer sur ce blog. Comment ose-t-il avoir un tel propos, propos qui est caricatural et qui donc de par son seul énoncé il démontre le contraire de ce qu’il défend. Soit c’est du pur cynisme, ce que je pense, soit plus grave, il n’en a pas conscience et il est urgent de le réveiller.


  • Enfin, la forme (la phrase est négative : pas s’excuser de nos valeurs) est faible. Entre avoir honte et être fier il y a un monde, il y a la grandeur, il y a la dignité. C’est peut-être ce monde que Nicolas Sarkozy n’a pas voulu franchir pour ne pas être trop caricatural !